Alors que l’économie et la politique traversent une période d’incertitudes, le marché immobilier démontre une résilience inattendue. Brice Cardi, président du réseau coopératif L’Adresse, dresse un constat clair : malgré une demande soutenue et des signaux encourageants, le logement reste le parent pauvre des débats politiques. Pourtant, il s’agit de la première préoccupation des Français.
Sommaire
Un marché immobilier qui retrouve de la vigueur
Après plusieurs années compliquées marquées par la crise sanitaire et la remontée brutale des taux, l’année 2025 semblait marquer un retour à la normale. Les ventes ont progressé de 10 % sur douze mois glissants, avec une dynamique portée par les primo-accédants mais aussi par les secundo-accédants, désormais convaincus qu’il vaut mieux acheter sans attendre.
Seuls les investisseurs restent en retrait, prudents face aux incertitudes fiscales et aux contraintes liées à la location. Pourtant, les volumes enregistrés par L’Adresse renouent avec ceux d’avant 2020, preuve d’un marché en quête de stabilité.
L’impact de la politique monétaire
Deux leviers dominent l’évolution du marché : la confiance des ménages et l’accès au crédit. Si les banques demeurent prudentes, elles poursuivent leurs objectifs de financement. La récente hausse des taux reste contenue : un seuil critique de 3,5 % ne devra pas être franchi pour éviter un scénario de blocage similaire à celui de 2024. Pour l’instant, les ménages continuent à concrétiser leurs projets, soutenus par un moral en amélioration.
Le logement, angle mort du débat politique

Pour Brice Cardi, l’absence de mesures concrètes traduit un décalage profond entre les attentes des citoyens et les priorités des responsables politiques. Le statut du bailleur privé, réclamé depuis des années par les professionnels, demeure au point mort. Comme le souligne souvent un blog sur l’immobilier, ce sujet central reste pourtant au cœur des préoccupations des Français.
« Le logement est la première préoccupation des Français, mais aucun parti ne s’en soucie vraiment », rappelle-t-il. Cette indifférence fragilise un secteur essentiel, alors même que la crise de l’offre, la flambée des loyers et la baisse du pouvoir d’achat accentuent les inégalités.
L’enjeu du prochain budget
Si certaines avancées comme la prolongation du prêt à taux zéro sont saluées, elles apparaissent insuffisantes face aux défis structurels. L’absence d’une stratégie nationale cohérente nourrit un sentiment d’abandon. Les professionnels plaident pour des dispositifs pérennes afin de soutenir l’investissement locatif, fluidifier la mobilité résidentielle et répondre aux besoins en logements abordables.
L’Adresse, un réseau en pleine expansion
Face à cette inertie politique, le réseau L’Adresse poursuit sa transformation. Plus de 60 nouvelles agences ont rejoint la coopérative en 2025, portant le maillage à près de 400 points de vente. Une croissance record qui illustre la solidité de son modèle coopératif et la confiance de ses sociétaires.
Diversification des services
Le groupe ne se limite plus à la transaction immobilière. Avec L’Adresse Assure, il investit le marché de l’assurance, jusqu’ici dominé par les banques. L’objectif est double : protéger les clients en cas de sinistre et générer des revenus complémentaires pour les agences.
Une offre haut de gamme structurée
Parallèlement, L’Adresse développe son pôle « Prestige », destiné à accompagner une clientèle exigeante à la recherche de biens de qualité. Le concept repose sur des agences spécialisées, une identité visuelle forte et des services personnalisés. Une quinzaine d’agences devraient voir le jour d’ici 2026, tout en permettant à l’ensemble du réseau de répondre aux besoins ponctuels en immobilier haut de gamme.
Un secteur à la croisée des chemins
L’entretien avec Brice Cardi met en lumière une contradiction frappante : alors que le logement conditionne le quotidien de millions de Français et constitue un pilier économique majeur, il reste marginal dans l’agenda politique.
Le dynamisme du réseau L’Adresse illustre la capacité d’innovation d’acteurs privés pour compenser ce manque de vision publique. Mais sans mesures fortes de la part de l’État, la tension sur l’offre et les inégalités d’accès risquent de s’aggraver.
Quand l’immobilier attend un sursaut politique
L’essor de L’Adresse démontre qu’un modèle coopératif, fondé sur la proximité et la diversification, peut répondre aux mutations du marché. Pourtant, la réussite d’un secteur aussi vital ne peut reposer uniquement sur les acteurs privés. Une politique nationale ambitieuse et pragmatique du logement est indispensable pour répondre aux attentes des Français et soutenir durablement l’activité économique.
